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Contre-passation

Contre-passation : corriger une écriture sans la réécrire

Mis à jour le

Une contre-passation annule une écriture déjà validée en enregistrant une écriture inverse, datée et liée à l'originale — au lieu de modifier ou de supprimer celle-ci. C'est la seule façon de corriger une comptabilité sans rompre la piste d'audit.

En bref

  • L'écriture erronée reste : elle n'est ni effacée, ni réécrite.
  • La correction porte sa propre date — celle de la correction, pas celle de l'erreur.
  • Les deux écritures restent liées, de sorte que l'historique se lit comme une séquence et non comme une contradiction.
  • Un motif accompagne la contre-passation : sans lui, la trace existe mais n'explique rien.

En pratique

L'erreur typique en restauration : une dépense saisie deux fois, ou saisie avec le mauvais taux de TVA. Le réflexe est de retourner sur la ligne et de la corriger. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire une fois l'écriture validée — la version fausse a peut-être déjà été exportée, envoyée à la fiduciaire, incluse dans un décompte.

Une contre-passation correcte produit trois lignes lisibles : l'écriture d'origine, son annulation, et le cas échéant la nouvelle écriture juste. Un contrôleur voit l'erreur, voit qu'elle a été reconnue, voit quand. C'est plus favorable qu'une comptabilité sans aucune correction visible, qui n'inspire pas confiance mais soupçon.

Avant validation, en revanche, corriger directement est normal : une écriture en cours de saisie n'a encore rien justifié. C'est la validation qui fait basculer une ligne dans le régime de la contre-passation.

À ne pas confondre avec

La suppression d'une écriture
Supprimer fait disparaître la trace de l'erreur, et avec elle la preuve que la comptabilité est complète. Une écriture validée ne se supprime pas.
La modification d'une écriture
Modifier réécrit le passé. Si la version d'origine a déjà servi — export, décompte TVA, remise à la fiduciaire —, deux documents disent désormais des choses différentes du même fait.

Termes liés

Solde théorique
Le solde théorique est le montant qui devrait se trouver en caisse d'après les écritures : ouverture, plus les entrées, moins les sorties. Définition, calcul et pièges. Voir la définition
Fonds de caisse
Le fonds de caisse est le montant laissé en permanence dans la caisse pour rendre la monnaie. Comment le fixer, le recompléter et l'enregistrer sans fausser le solde. Voir la définition
Bouclement de caisse
Le bouclement compare l'argent réellement compté au solde théorique à une date donnée et consigne l'écart avec son motif. Ce que l'opération recouvre, et ce qu'elle ne recouvre pas. Voir la définition
Piste d'audit
La piste d'audit est la possibilité de remonter sans rupture d'une pièce justificative à son écriture et inversement. Ce que l'art. 957a CO exige concrètement. Voir la définition
Durée de conservation des pièces comptables
Dix ans pour les livres, les pièces comptables et le rapport de gestion (art. 958f CO). Ce que couvre le délai, quand il commence, et ce qu'admet la conservation électronique. Voir la définition
Impôt préalable
L'impôt préalable est la TVA payée sur vos achats, déductible de la TVA que vous devez. Conditions, pièces exigées et cas où la déduction tombe. Voir la définition

Le terme, appliqué à votre caisse

Neucelle applique ces règles par construction — saisie avec justificatif, TVA suisse, solde recalculé, export fiduciaire.

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Questions fréquentes

Faut-il un justificatif pour une contre-passation ?

Le motif écrit tient lieu de justification quand la correction porte sur une erreur de saisie. Si la contre-passation traduit un fait réel — un remboursement, un avoir fournisseur —, alors la pièce correspondante est requise comme pour toute autre écriture.

Peut-on contre-passer une écriture d'un exercice clos ?

Techniquement oui, mais la correction s'impute alors sur l'exercice en cours et non sur l'exercice clos. C'est une décision qui se prend avec la fiduciaire, pas seule dans le logiciel.